Société royale - Cercles des
Naturalistes de Belgique ® asbl |
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Association
Réserves
Carte
des réserves |
Réserve:
Quatre-Vents
(Neuville)
(Vielsalm)
(province du Luxembourg) |
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La
réserve des Quatre-Vents est une lande tourbeuse située
en bordure d'un plateau rattaché à la Haute Ardenne
orientale, altitude 520m. Le sol est constitué d'argile blanche
imperméable et le sous-sol constitué d'arkose. du Gedinien.
Une couche de tourbe de ± 10cm recouvre le tout. La nappe phréatique
affleure à la surface du sol et de légers écoulements
rejoignent à quelques km le Glain à Salmchâteau
via le ruisseau de Bêche. Des peuplements équiennes d'épicéas
entourent le site.
Ce
site faisait partie d'un vaste complexe de landes à bruyères
à l'époque de Ferraris, aujourd'hui réduit à
un mouchoir de poche; selon les dires de certaines personnes, on y
serait venu chercher beaucoup de genévriers pour le fumage
des jambons; ces genévriers sont aujourd'hui très rares
et en mauvais état.
Protection
: La réserve a été créée afin de
conserver un biotope en raréfaction dans la région suite
à l'enrésinement intensif. Volonté de sauvegarder
un milieu semi-naturel témoin des anciennes pratiques agro-pastorales.
Protection d'espèces rares, menacées ou protégées.
Egalement, vocation pédagogique et didactique (observations
effectuées par une classe, initiation à l'écologie,...).
L'accès
de la réserve est toujours soumis à une autorisation
du conservateur; s'il s'agit d'un groupe, il sera accompagné
d'un guide compétent mandaté par les CNB. Des zones
reconnues comme trop vulnérables ne seront pas accessibles
aux visiteurs.
Prière de suivre les sentiers.

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La
réserve naturelle des Quatre-Vents à Neville (Vielsalm),
par Bernard Clesse, in Érable 1/1989 pp 19-23 |
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1.
Superficie: environ 60 ares
2.
Localisation précise
2.1.
Province : Luxembourg
2.2. Commune (avant fusion) : Vielsalm
2.3. Lieu-dit : "Les Quatre-Vents"
2.4. Carré IFBL : H8/32/31
2.5. Carte IGN : 56/5-6
3.
Date et lieu de la signature du contrat: le 07/08/87 à
Vielsalm
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4.
Nom (et adresse du propriétaire): Joseph CLESSE
5.
Accessibilité au public:
La
réserve naturelle est accessible aux naturalistes accompagnés
d'un guide désigné par le propriétaire.

La
réserve naturelle des Quatre-Vents à Neuville-Vielsalm (520
m) au
début du mois de mai 1988. Derrière la zone étrépée,
nous observons
la lande tourbeuse mais, nulle part, le printemps ne semble s’être
installé.
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6.
Intérêts de la réserve naturelle:
-
botanique
- ornithologique
- herpétologique
- didactique
7.
Description détaillée du site
7 .1. Milieu physique
La
réserve naturelle des "Quatre-Vents" est située
à 520 mètres d'altitude, en bordure d'un plateau de
la Haute-Ardenne orientale.
Ici, le substrat rocheux est l'arkose, sorte de grès riche
en feldspath et à grains grossiers, appartenant au Gedinnien
(Dévonien inférieur). La nappe phréatique très
proche de la surface du sol, en relation avec le sol argileux imperméable,
favorise le développement d'une lande tourbeuse. L'épaisseur
de tourbe avoisine les 10 cm. L'eau qui s'écoule sur une
pente très faible va alimenter
le Ruisseau de Bêche, affluent du Glain appartenant au bassin
de la Meuse. Etant donné l'altitude assez élévée,
les précipitations sont abondantes, la période de
gel pluslongue que dans la vallée, ce qui explique la brièveté
de la période de végétation.
7.2.Milieu
biologique
a)
Influence humaine
La toponymie de l'endroit nous met sur la voie. Que signifie "Quatre-vents"
si ce n'est un lieu exposé à tout vent et donc sans
végétation arbustive ou arborescente? En effet, si
l'on examine la carte de Ferraris dressée en 1776, notre
petite réserve naturelle "nage" dans un "océan
de bruyères". Jusqu'au milieu du 1ge siècle et
comme partout en Haute Ardenne, les vastes landes étaient
parcourues par le bétail (ovins et bovins). Avec l'avènement
de l'agriculture moderne, celles-ci ont été transformées
en prairies permanentes lorsque le sol était suffisamment
riche ou enrésinées lorsqu'il était trop pauvre
ou difficile d'accès. Dans le cas qui nous occupe, la lande
fut partiellement enrésinée, comme la majorité
des terrains environnants. La présence de drains dans ce
site tourbeux et gorgé d'eau est à mettre en rapport
avec la méthode de plantation des épicéas:
plantation en butte. Les épicéas que l'on y a coupés
en 1986, de par leur port "torturé", démontraient
bien leur inadaptation au sol.
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b)
Description des différents groupements végétaux
Bien que la superficie de la réserve soit assez restreinte,
une très grande diversité de groupements végétaux
s'y côtoyent, ou plutôt, s'y mélangent. On peut
distinguer cependant:
- une boulaie à bouleau pubescent (Betula pubescens), à
bourdaine (Frangula alnus), à canche flexueuse (Deschampsia
flexuosa) et à violette des marais (Viola palustris), dans
la partie humide;
une saulaie humide sur sol tourbeux, à saule à oreillettes
(Salix aurita), à bourdaine, à violette des marais
et à sphaignes (Sphagnum div. sp.);
- un lambeau d'aulnaie oligotrophe à sphaignes
à aulne glutineux (Alnus glutinosa), à bourdaine,
à molinie (Molinia caerulea) et à sphaignes de différentes
espèces.
La distinction entre les groupements végétaux couvrant
la plus grande partie de la réserve est complexe, en fonction
des différentes épaisseurs de tourbe et de la proximité
de la nappe phréatique.
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La
violette des marais |

La
canneberge |
On
y trouve en mélange des espèces
-
du bas-marais acide telles que la laîche à bec (Carex
rostrata), la laîche noire (Carex nigra) et le jonc à
tépales aigus (Juncus acutiflorus);
- de la lande tourbeuse telles que la bruyère quaternée
(Erica tetralix), les linaigrettes vaginée et à feuilles
étroites (Eriophorum vaginatum et Eriphorum angustifolium),
la narthécie des marais (Narthecium ossifragum) la canneberge
(Vaccinium oxycoccos), la molinie, l'orchis tacheté (Dactylorhiza
maculata) et de nombreuses sphaignes (Sphagnum div. sp.);
- de lande sèche à myrtille (Vaccinium myrtillus) telles
que la callune (Calluna vulgaris), l'airelle (Vaccinium vitis-idaea)
et le genévrier (Juniperus communis).
Outre
la diversité réelle des groupements végétaux,
il faut insister sur la présence de quelques plantes rares et/ou
protégées, voire en diminution en Ardenne :
le
genévrier commun (Juniperus communis)
l'orchis tacheté (Dactylorhiza maculata)
la bruyère quaternée (Erica tetralix)
la canneberge (Vaccinium oxycoccos)
l 'airelle (Vaccinium vitis-idaea)
la narthécie (Narthecium ossifragum)
la linaigrette vaginée (Eriophorum vaginatum)
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Un
inventaire bryologique, réalisé par Ph. De Zuttere le
1/11/86, révèle la présence de 7 hépatiques,
13 sphaignes et 17 mousses. Parmi les sphaignes, deux espèces
très rares en Belgique ont été découvertes
dans la lande, il s'agit de Sphagnum pulchrum et Sphagnum subtile.
Quant aux hépatiques à feuilles typiques des tourbières,
mentionnons Odontoschisma sphagni, Cephalozia bicuspidata et Cephalozia
connivens.
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d)
Intérêt ornithologique
Nous
citerons ici les espèces plus ou moins rares qui fréquentent
la réserve naturelle et ses abords immédiats pour la
nidification et/ou la recherche de nourriture
-
bécasse des bois (Scolopax rusticola)
- pic noir (Dryocopus martius)
- hibou moyen-duc (Asio otus)
- tourterelle des bois (Streptopelia turtur)
- pipit des arbres (Anthus trivialis)
- beccroisé des sapins (Loxia curvirostra)
- sizerin flammé (Carduelis flammea cabaret)
- tarin des aulnes (Carduelis spinus)
- cassenoix moucheté (Nucifraga caryocatactes)
e)
Interêt herpétologique
Le
lézard vivipare (Lacerta vivipara) est bien représenté
dans la lande tourbeuse et la couleuvre à collier (Natrix natrix)
a été signalée à deux reprises dans la
boulaie près de la source.
Suite
à l 'étrépage (étréper: mettre
le sol à nu en enlevant la végétation et la couche
d'humus) et le creusement d'une petite mare, la grenouille rousse
s'est reproduite dans la réserve naturelle et de nombreuses
jeunes grenouilles sont observables en été.
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La
linaigrette à feuilles étroites |

Le
lézard vivipare |
8.
Gestion de la réserve naturelle
8.1.
Dates des gestions et noms des groupes responsables:
25/07/86
"Jeunes et Nature" et "la Trientale" (CNB)
07/02/87 Troupe scoute de Vielsalm et "la Trientale" (CNB)
26/11/88 "la Trientale" (CNB)
8.2.
Buts des différentes gestions
La
première grande opération fut d'éliminer tous
les épicéas de la 1ande tourbeuse afin de permettre
la restauration de celle-ci et son extension grâce à
un ensoleillement maximal. Les branches furent bralées sur
place tandis que la plupart des troncs étaient disposés
dans les drains afin de ralentir considérablement l'écoulement
de l'eau. Ensuite, une sélection sévère a été
opérée parmi les bouleaux (en surnombre) et les pins
sylvestres pour garantir à nouveau l'ensoleillement bénéfique.
Quelques pins sylvestres ont été préservés
pour leur "cachet" et pour leur "fonction perchoir"
durant les parades nuptiales du pipit des arbres. Le collecteur
principal des drains, partiellement comblé par des baches,
a perdu sa fonction principale et le niveau de l'eau remonte progressivement.
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Des
troncs ont été disposés en plusieurs endroits
afin de favoriser le développement de la canneberge et l'observation
du lézard vivipare. Les vieux troncs pourrissant sur le sol
ont été précieusement conservés pour
leurs cortèges de lichens et de bryophytes, ainsi que quelques
hauts pins sylvestres morts qui servent de perchoirs aux beccroisés
et au pic noir.
Un
étrépage a été réalisé
au niveau d'une place à feu et une petite mare s'y est formée
rapidement. Celle-ci dut être recreusée pour garantir
le développement des têtards.
Dans
la suite, la gestion consistera à couper les rejets de bouleaux
et de saules, à limiter fortement la dissémination du
bouleau, à étréper éventuellement une
nouvelle zone, à protéger les derniers genévriers
de l'appétit vorace des chevreuils en les entourant d'un treillis
et, peut-être, à replanter des genévriers comme
on le fait dans certaines zones des Hautes-Fagnes.
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8.3.
Effets positifs de la gestion
a)
Montée du niveau de l'eau et développement important
des sphaignes, facteurs déterminants pour la formation de
la tourbe.
b)
En relation avec un ensoleillement important et une montée
du niveau de l'eau, plusieurs espèces des tourbières
et du bas-marais acide se sont considérablement étendues:
narthécie, bruyère quaternée, linaigrette à
feuilles étroites, joncs épars et à tépales
aigus, laîches à bec et noire, ...
c)
La grenouille rousse pond à présent dans la réserve
et la bécasse pourrait bien y nicher.
8.4.Effets
négatifs de la gestion
Le
seul effet négatif de la gestion est le dépérissement
accru de quelques vieux genévriers. L'ensoleillement brutal
de ces arbustes après la coupe des épicéas
en est-il responsable? Signalons cependant que les dégâts
d'écorçage par le chevreuil affectent aussi la santé
d'autres genévriers. Le chevreuil trouve dans la réserve
naturelle une quiétude et une nourriture riche qu'il n'a
pas ailleurs.

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