Le
Guide-nature® issu de la formation organisée par les Cercles
des Naturalistes de Belgique depuis 1975 devient, s’il dynamise
et poursuit le processus d’autoformation continuée amorcé
par son cursus, une personne formée à une polyvalence
certaine dans l’approche des sciences de la nature et de l’environnement.
Fort
de ses apprentissages, le Guide-nature connaîtra mieux ses limites
de compétences mais sera néanmoins plus au fait des domaines
relatifs à l’interface nature/sociétés humaines.
Ainsi, une connaissance affinée de son environnement lui permettra
de mieux saisir la portée de ce terme, hélas souvent galvaudé
aujourd’hui : « l’ensemble des agents physiques, chimiques
et biologiques, ainsi que des facteurs sociaux susceptibles d’avoir
un effet direct ou indirect, immédiat ou à terme sur les
êtres vivants et les activités humaines » (définition
de l’environnement par le Conseil International de la Langue française).
Cette
définition débouche inévitablement sur la notion
de qualité de la vie, qui n’est qu’un état
évalué de l’environnement géographique et
de ses multiples composantes en fonction de ses effets sur les êtres
vivants. L’histoire des peuples, et leurs acquis culturels, interférent
grandement dans ce jugement subjectif. Le Guide-nature doit en avoir
conscience.
Depuis la Conférence de Rio de 1992,
nombre de nations, tout comme le grand public autant que faire se peut,
ont décrété, en parfait accord avec l’état
actuel de la connaissance, que l’homme et les sociétés
humaines font partie intégrante de la nature. Les atteintes portées
à cette dernière portent donc aussi atteinte à
l’homme, à son développement socio-économique
et, partant, peuvent aller jusqu’à mettre en péril
des populations entières ou altérer la qualité
de vie des peuples, même parmi les mieux nantis de la planète.
Un
développement de l’ esprit critique du Guide-nature, et
de sa capacité à l’analyse pertinente des masses
d’informations diverses, actes et faits entourant sa vie quotidienne,
tout autant que de celle de ses concitoyens, feront de lui un adulte
plus responsable, éclairé par son approche multidisciplinaire
qu’il peut avoir sur l’état et la dynamique de l’environnement
dans lequel il évolue.
Le
but sous-tendu de toute intervention d’un Guide-nature est le
développement durable de la société humaine à
laquelle il appartient, mais en agissant ou en plaidant pour que ce
même développement soit soutenable par la biosphère
qui l’accueille.
La philosophie générale des Cercles des Naturalistes de
Belgique plaide toujours en faveur de la conciliation de la protection
du patrimoine naturel avec un développement économique
raisonnable.
Tout
au long de sa formation, le Guide-nature sera sans relâche mis
en situation de confrontation de son propre vécu avec l’acquisition
de nouvelles données et l’intégration de celles-ci
dans son bagage. Une longue imprégnation de terrain, assortie
de notions plus théoriques visant à cerner les fondements
des Sciences de la terre, auxquelles s’ajoutent tout au long des
saisons des séances de perfectionnement, des stages de synthèse
et de pratique, assortis de rencontres avec des spécialistes
des différentes disciplines enseignées, sans compter une
formation continue des formateurs, constituent la ligne directrice de
la formation étalée sur deux années.
Mais
en plus, l’originalité de notre formule veut mélanger
lors de journées à thèmes, voire de stages de plusieurs
jours, les publics : ainsi, Guides-nature en formation et membres d’associations
diverses, à l’esprit critique et aux questions affûtées,
sont mis en situations sur le terrain et il en résulte un exercice
difficile et constant de questions, de remise à niveau, et surtout
de confrontation, qui originalise et confère à nos adultes
en formation une compétence particulière dans l’art
de la participation à l’éco-citoyenneté.
En
fonction de sa personnalité, tout autant que de son parcours
cognitif personnel et de ses expériences professionnelles ou
de vie, celui-ci pourra devenir acteur autonome de son propre destin
tout autant que de contribuer à éclairer celui de sa propre
famille, de son groupe social, de son quartier, de son environnement
professionnel…
Car une des finalités premières de la formation de Guide-nature,
c’est bien dans la capacité à transmettre, à
éveiller et à entraîner un public dans un élan
citoyen responsable qu’il faut la chercher.
Un
des fondements de la formation de Guide-nature se retrouve dans cette
assertion de P. OSTERIETH lorsqu’il définit l’adulte
:
« Un individu intégré dans la société
à laquelle il appartient physiquement et socialement, et capable
par son individualité et sa capacité créative d’influer
directement sur cette société, de lui insuffler un peu
de sa personnalité ».
Lors
de cette formation, bon nombre de barrière sociales et de statuts
sont petit à petit estompés lorsque s’exerce l’art
de la pertinence d’un diagnostic, d’une perception, même
parfois intuitive d’un fait de terrain, d’une coordination
d’action, d’une prise de parole, d’une médiation
de quartier, d’une intervention concrète ou encore d’un
engagement physique et moral au nom du nécessaire consensus entre
qualité de vie, libertés individuelles et règles
collectives à reclasser dans l’incontournable écrin
des lois de la nature.
Il s’agit d’un véritable aboutissement logique de
la formation dans une édification d’individus qui, développant
à la fois leur esprit critique, augmentant leur connaissance
des Sciences de la terre et de l’environnement, et des outils
de communication, participeront de ce fait activement à la vie
sociale en Régions wallonne et bruxelloise.
Voilà
pourquoi, aujourd’hui, sur plus de 2000 Guides-nature brevetés
par les Cercles des Naturalistes de Belgique, nous retrouvons bon nombre
d’entre eux siégeant en commissions telles les CCAT, les
Contrats-rivière, Commissions de gestion de Parcs naturels, Conseils
de gestion de réserves naturelles domaniales, Conseils cynégétiques,
Commissions communales d’environnement, PCDN… ou participant
activement dans des comités de quartier, associations de parents,
associations de marcheurs, mouvements de jeunesse, associations sport
et nature…
En ces structures, tout comme lorsque le Guide-nature greffe sa formation
sur une compétence ou l’exercice d’une profession
plus ciblée, on peut affirmer, sans légèreté
aucune, qu’il est devenu lui-même formateur en dispensant
son savoir et son expérience de terrain au service de ses interlocuteurs.
Dans
l’exercice quotidien de son art, le Guide-nature permet à
tous ses interlocuteurs de mieux appréhender bon nombre de phénomènes
naturels, mais aussi de recadrer ces phénomènes dans le
contexte fortement anthropisé de nos régions.
Ainsi lorsque le Guide-nature, en commission ou lors d’interventions
diverses (prise de parole en comité, interviews de médias,
conférence en milieu scolaire ou autres…) pratique son
art, il participe incontestablement à la conscientisation de
notre société aux problèmes environnementaux qui
la tourmentent.
Sous son impulsion, bon nombre de nos contemporains augmentent leur
« qualité citoyenne » en pouvant ainsi argumenter
leurs choix, leur vie sociale, culturelle, et ce faisant, participent
d’autant plus pertinemment aux choix sociétaux, autrement-dit
au progrès social.
Aujourd’hui, le combat que mènent
nos Guides-nature les plus actifs les entraînent à avertir
et former le public dans des domaines aussi variés que l’aménagement
du territoire, l’autosuffisance agricole de nos régions,
l’évaluation, la gestion et les remédiations à
la déprise agricole, aux risques d’inondations, aux dépérissements
forestiers, à l’évaluation des qualités de
nos cours d’eau, aux gestions visant à maintenir la biodiversité
régionale, à des états des lieux de l’environnement,
rural ou urbain…
Bon
nombre d’entre eux ont une action qui les mène quotidiennement
au sein d’établissements scolaires, à guider ces
mêmes écoles ou d’autres dans différents milieux
et paysages, qui les place aux côtés de décideurs
communaux, qui les font intervenir chaque jour au sein des Administrations
wallonnes et bruxelloises.
Les Guides-nature correctement formés deviennent ainsi au fil
du temps un allié puissant du monde politique qui sait s’entourer
de leurs conseils avisés, car leur connaissance des choses de
la nature et de l’environnement les place tout naturellement aux
côtés des décideurs et conseilleurs sur la passerelle
du navire où nous sommes tous embarqués.
S’il
existe différentes structures qui se prétendent formatrices
de Guides-nature, il faut reconnaître et constater au quotidien
que, à l’une ou l’autre exception près, bien
peu nombreuses sont celles qui peuvent prétendre à offrir
à notre société des citoyens aussi polyvalents,
compétents et conscients de leurs rôles. C’est heureusement
le cas pour les Cercles des Naturalistes de Belgique asbl, par ailleurs
seuls dépositaires du titre de « Guide-nature » en
Région wallonne et bruxelloise (dépôt au Bureau
Bénélux des Marques sous le numéro 0639724).
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